Mardi 11 mars à huit heures à Besançon (Doubs), une collégienne de 11 ans a sans doute échappé à un enlèvement grâce à l'intervention d'un chauffeur de car scolaire. L'agresseur, un jeune homme âgé de 20 ans a été interpellé quelques heures plus tard à Tavaux dans le Jura.
S'agit-il d'une nouvelle grande affaire de meurtres en série ou d'une fausse piste empruntée par un policier obstiné de Montbéliard ? Mardi matin, un ancien artiste transformiste de 68 ans a été arrêté à son domicile de Mulhouse (Haut-Rhin). L'homme est soupçonné d'être impliqué dans le meurtre de cinq homosexuels survenus entre 1983 et 2000 en Franche-Comté, en Alsace et en région parisienne. Mais une douzaines d'autres crimes non-élucidés entre 1980 et 2002 pourraient également être rattachés à ce dossier.
Luxiol est un petit village du Doubs situé à trente-cinq kilomètres de Besançon. En ce 12 juillet 1989, les 128 habitants de la commune s'apprêtent à célébrer le bicentenaire de la prise de la Bastille qui doit avoir lieu deux jours plus tard. Mais un terrible drame va faire basculer cette paisible bourgade dans l'horreur absolue.
Pour Pascal Girod, le verdict est tombé hier. La cour d'assises du Doubs l'a condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Pierrette Mauvais en 2004. Les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général qui demandait vingt ans de détention et ont sans doûte tenu compte des graves problèmes d'alcoolisme dont souffrait l'accusé depuis 25 ans.
Les faits se déroulent le 13 juin 2004. Ce soir-là Pascal Girod, passablement émêché, erre dans la rue Hélène Peugeot à Pont de Roide (Doubs) à la recherche d'argent et d'alcool. « Je ne voulais que l'argent et l'alcool. Par la fenêtre, j'ai vu la vieille dame endormie devant la télévision allumée. Je suis entré par la porte arrière qui n'était pas verrouillée. Passant derrière elle, je suis monté dans les chambres mais il n'y avait rien à voler. Je suis redescendu et j'ai ouvert le réfrigérateur, c'est alors qu'elle s'est réveillée. Quand elle s'est retournée, j'ai paniqué et je lui ai mis un coup de couteau. Elle est tombée et comme elle bougeait encore, je lui ai donné un second coup. » C'est l'accusé lui-même qui raconte les faits depuis le banc des accusés de la cour d'assises de Besançon. La "vieille dame" s'appelait Pierrette Mauvais. Elle avait 82 ans et était handicapée. Son corps a été découvert par son fils un peu plus tard dans la nuit.
Les meurtriers présumés de Benoît Savéan sont deux demi-frères déjà défavorablement connus des services de police. Johan Attaba, 35 ans est sorti de prison seulement quelques jours avant le drame. Il avait été condamné à trois mois de détention pour violences. Mathias Grabitski, son demi-frère âgé de 24 ans, avait déjà eu affaire à la police pour des vols, des falsifications de chèque et pour avoir conduit sans permis. C'est en tentant de retirer de l'argent à un distributeur à l'aide de la carte de la victime que Mathias Grabitski a été filmé par une caméra de surveillance, et a ainsi été identifié par la police. C'est encore la carte bleue de Benoît Savéan qui a permis aux policiers de découvrir ce détail sordide. Quelques heures après l'avoir enlevé et tué, les deux demi-frères se sont rendus à Mulhouse et ont tranquillement loué un film comique, "les clés de bagnole" de Laurent Baffie, toujours avec sa carte bancaire. Puis, après leur séance cinéma, ils ont brûlé la Renault Espace de la victime à Blamont où les attendait un complice: Alexandre Bour. A ce jour, les enquêteurs tentent toujours de déterminer les responsabilités exactes des six personnes mises en examen.
On en sait un peu plus sur les circonstances de l'enlèvement et du meurtre de Benoit Savéan à Audincourt. Les résultats de l'autopsie ont montré que l'homme est décédé de strangulation, traumatismes au crâne, d'enfoncements de la tempe et du thorax. De plus ses oreilles ont été arrachées. Le procureur de la République de Montbéliard a déclaré à ce sujet: "Parler de tortures n'est pas exagéré. Ça dépasse ce que l'on peut imaginer". Il est désormais établi que ce sous-traitant de Peugeot, qui partait régulièrement en déplacement à l'étranger a été tué pour de l'argent. Le groupe de six personnes qui l'a enlevé au cours d'une soirée le 18 février, l'a fait dans le but de lui soutirer son numéro de carte bancaire.Aujourd'hui cinq personnes sont encore en garde à vue. Plusieurs d'entre eux seraient passés aux aveux. Elles pourraient être mises en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort, extorsion criminelle et incendie volontaire.
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